Un actif sur deux envisage aujourd’hui une reconversion ou l’a déjà réalisé (Source : Transitions Pro, 2023). Pourquoi pas vous ?
Vous avez un projet de reconversion ou d’évolution professionnel, élaboré seul ou lors d’un bilan de compétences mais vous ne savez comment le financer ? Il existe plusieurs dispositifs auxquels vous pouvez faire appel, selon votre situation.
Vous trouverez dans cet article un panorama de ces dispositifs afin de pouvoir envisager sereinement votre projet de reconversion / formation.
Dispositifs gérés par les Commissions paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR) – Associations « Transitions Pro »
Projet de Transition Professionnelle (PTP)
Ce dispositif d’adresse aux salariés du secteur privé, quel que soit leur statut : CDI, CDD, intermittents, intérimaires, … Il est cependant nécessaire de répondre aux conditions fixées en fonction de votre situation :
| Type de contrat | CDI | CDD | Intérimaire |
| Conditions | Justifier d’une activité salariée d’au moins 2 ans consécutifs ou non, dont 1 an dans la même entreprise, quelle que soit la nature des contrats successifs | Justifier d’une activité salariée d’au moins 2 ans consécutifs ou non, quelle que soit la nature des contrats successifs, au cours des 5 dernières années dont 4 mois en CDD au cours des 12 derniers mois. | Justifier d’une ancienneté de 1 600 heures en tant qu’intérimaire au cours des 18 derniers mois. Demande à adresser dans les 4 mois suivant la fin du dernier contrat |
| Source | https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14018 | https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14018 | https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F3024 |
Ce dispositif peut être activé dans le cadre d’une reconversion, à l’initiative du salarié. Ce dernier pourra alors s’absenter pour suivre une formation certifiante.
Sur le volet financier, le PTP permet la prise en charge des frais pédagogiques de la formation suivie, et ce jusqu’à 18 000 €HT, avec un taux horaire maximum de 27.45€HT. Une priorité est donnée aux projets de formation de moins d’un an ou de moins de 1200h. Au-delà, la commission paritaire est seule souveraine pour la prise de décision. Une aide à la mobilité est possible, sur la base d’un forfait journalier, dépendant du nombre de km pour rejoindre le lieu de formation (pour plus d’informations : https://www.transitionspro-na.fr/je-suis-un-e-salarie-e/cpf-ptp-salarie/) . Ne sont pas pris en charge les frais d’inscription ou le matériel nécessaire au suivi de la formation. Pendant toute la durée de la formation, la rémunération du salarié est maintenue : le contrat de travail se poursuit, l’employeur verse le salaire à son salarié, avec les fiches de paye habituelle et reçoit un « remboursement » de la part de Transitions Pro.
A noter que le salaire dans l’entreprise ne doit pas dépasser deux fois le montant du SMIC pour une prise charge à 100%. Au-delà, une décote sera appliquée, fonction de la durée de la formation (https://travail-emploi.gouv.fr/formation-professionnelle/formation-des-salaries/article/projet-de-transition-professionnelle). L’employeur peut toutefois décider de maintenir le salaire à 100%, il ne sera simplement pas remboursé dans la totalité.
Si la formation est réalisée hors temps de travail, seuls les frais pédagogiques sont pris en charges par Transitions Pro.
Si la formation est réalisée sur le temps de travail, une autorisation de d’absence de l’employeur est indispensable.
Pour effectuer les démarches afin de bénéficier de ce dispositif, il est fortement recommandé de prendre un rendez-vous avec un Conseiller en Evolution Professionnelle (CEP).
Pour trouver votre CEP, rendez vous sur www.mon-cep.org. C’est un accompagnement gratuit, confidentiel et personnalisé.
CPF Autonome
Vous pouvez également choisir de financer votre formation par vos propres moyens : soit par un financement personnel, soit par le biais de votre Compte personnel de Formation (CPF), soit par la combinaison des deux.
L’utilisation de votre CPF ne peut se faire que pour des formations inscrites au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) ou au Répertoire Spécifique (RS), qui sont répertoriées sur le site https://www.francecompetences.fr/.
Le CPF ne peut être mobilisé qu’à l’initiative sur salarié, qui n’a alors besoin ni d’autorisation ni d’information auprès de l’employeur ou de Transitions Pro.
La formation se fait alors à priori hors temps de travail. Il n’y a alors aucune question de rémunération ou autour du contrat de travail à étudier.
L’employeur peut être sollicité en parallèle de l’utilisation du CPF pour abonder sur le CPF du salarié et même autoriser que la formation se fasse sur le temps de travail, intervenant ainsi en cofinancement du CPF. Ce levier est à actionner dans le cas où la formation visée sera valorisée dans l’entreprise du salarié par exemple.
Dispositif démissionnaire
Jusqu’à récemment, il était possible de toucher des allocations chômage dans le cadre d’une démission uniquement si celle-ci intervenait pour « motif légitime » (liste et pièces à fournir disponible sur le site de Pôle Emploi https://www.pole-emploi.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/a-chaque-situation-son-allocatio/quelle-est-ma-situation-professi/je-perds-ou-je-quitte-un-emploi/je-veux-demissionner-pour-un-mot.html).
Dorénavant, il existe le dispositif démission-reconversion, qui permet, sous conditions, de pouvoir prétendre à l’allocation chômage pendant 18 mois maximum, dans le cadre d’un projet de reconversion ou de création/reprise d’entreprise.
Pour en bénéficier, il est nécessaire de remplir les conditions suivantes : être en CDI et avoir travaillé 1300 jours consécutifs sans interruption sur les 5 dernières années. Les périodes de congés sans solde, sabbatique ou de disponibilité ne sont pas prises en compte.
Pour pouvoir bénéficier de ce dispositif, il est indispensable de rencontrer un CEP qui co-construit avec la personne son projet. Cette démarche est absolument obligatoire. L’accompagnement par le CEP va pouvoir prendre plusieurs formes, en fonction de votre projet : étude de marché et business plan pour une création d’entreprise, choix d’un parcours pertinent de formation pour le projet de reconversion, …
Transitions Pro ne finance pas les formations dans ce dispositif mais atteste du caractère réel et sérieux du projet : viabilié de l’entreprise, pertinence du parcours de formation choisi, attestation nécessaire pour entrer dans le dispositif et donc bénéficier des allocations chômage.
S’il y a un besoin de financement des formations, il est possible de solliciter pôle emploi ou la région ; sur conseil de votre CEP.
Une fois le dossier accepté, et votre projet jugé réel et sérieux, le salarié a six mois pour donner sa démission.
Le CDD Reconversion
Ce dispositif remplace les dispositifs « Transitions collectives » (TransCo) et « Reconversion ou promotion par l’alternance » (Pro-A) et entre en vigueur au 01/02/2026.
Concrètement, il permet au salarié souhaitant se reconvertir de tester un métier et d’acquérir des compétences, tout en ayant la possibilité de réintégrer son ancien poste s’il le souhaite.
La période de reconversion permet à tout salarié, sans condition d’âge, de statut ou d’ancienneté, d’acquérir :
- une certification inscrite au RNCP,
- un CQP,
- un ou plusieurs blocs de compétences,
- ou le socle de compétences Cléa.
Elle peut combiner formation, mise en situation de travail et VAE, sans relever juridiquement de l’alternance.
Deux modalités existent :
- reconversion interne : le salarié reste dans son entreprise, son contrat est maintenu et sa rémunération inchangée ;
- reconversion externe : le contrat de travail avec l’employeur d’origine est suspendu, et le salarié conclut un CDI ou un CDD de reconversion avec une entreprise d’accueil.
Le CDD de reconversion est ainsi un outil juridique intégré à la période de reconversion externe. D’une durée minimale de 6 mois, il comprend obligatoirement une période d’essai, décisive pour l’issue du dispositif.
- Si l’essai est concluant, le contrat avec l’entreprise d’origine est rompu (rupture conventionnelle pour un CDI, accord amiable pour un CDD).
- En cas d’échec, le salarié bénéficie d’un droit au retour dans son entreprise d’origine, sur son poste initial ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins équivalente.
La durée de formation est comprise entre 150 et 450 heures sur 12 mois, avec des extensions possibles par accord collectif. Le financement est assuré par les OPCO, dans la limite des dotations de France Compétences.
👉 La période de reconversion constitue donc le cadre structurant, tandis que le CDD de reconversion en est un levier opérationnel, particulièrement pertinent pour sécuriser une reconversion en situation réelle de travail, notamment pour les salariés expérimentés.
Plus d’informations dans l’article dédié : https://www.propice-coaching.com/?p=3787
Autres dispositifs
Le plan de développement des compétences
L’employeur a obligation de maintenir l’employabilité et les compétences de ses salariés. Il doit donc veiller à ce que ses salariés maintiennent leurs compétences, via des formations régulières notamment. L’employeur élabore un Plan de Développement des Compétences, qui vise à financer les actions de formations de ces salariés. On va par exemple retrouver dans ce plan toutes les formations obligatoires et réglementaires pour la réalisation des missions confiées. Mais pas seulement. L’employeur peut également inscrire à ce plan des formations Opérateur de Compétences (OPCO).



